Notre road trip en Amérique du Sud. "Rester, c'est exister, mais voyager, c'est vivre." G. Nadaud
26 Marzo 2013
Nous avons mis du temps à arriver à La Fortuna, on se doutait bien qu'en repartir ne serait pas aisé non plus. Par contre ce que l'on n'avait pas encore compris, c'est que c'est l'ensemble du pays qui souffre d'infrastructures de transport défectueuses... Même carrément pourries!
Nous quittons donc La Fortuna par le premier bus de 8h30. A ce moment là on sait à peu près quelle est notre destination finale, mais pas du tout comment s'y rendre! A 10h, nous arrivons dans la station de la ville de Tilarán, et avons une heure à attendre pour le prochain bus. L'occasion pour nous d'assister à une bien belle démonstration de reproduction canine. On est peut-être des petites natures, mais franchement, ça nous a dégoutées. Ceci-dit, le temps est passé vite et c'est déjà le moment de prendre le bus en direction de Cañas. A peine arrivées, nous sautons dans le bus qui nous emmène à Liberia. On arrive à 14h, on a chaud, mal aux fesses, et on a pas le temps de souffler car le bus pour Tamarindo part dans 20 minutes. Juste le temps d'engloutir un petit sandwitch et c'est reparti. Ce dernier trajet est de loin le pire: on est mal assises, il fait 35 degrés, on fait des détours, et pire que tout... on n'a plus d'eau... Au bout de deux bonnes heures, nous arrivons enfin à Tamarindo complètement déséchées... Il nous aura donc fallu 8h pour parcourir quelques 150km. Y'a intérêt que ça vaille le coup!
A Tamarindo, on se rend bien vite compte que les hôtels du front de mer ne sont pas faits pour nous. Il y a une rue perpendiculaire dans laquelle se trouvent toutes les auberges de jeunesse, et plus on monte, plus les prix sont bas. On se retrouvera donc à l'hôtel le plus loin...
A peine installées, on sort acheter de quoi épancher notre soif et on se retrouve sur la plage, face à un coucher de soleil magnifique! Ça valait le coup d'en chier!
Le lendemain, nous nous faisons une bonne grosse journée comme on les aime: plage le matin, salade en terrasse le midi, plage l'après-midi, coups de soleil le soir.
Tamarindo est la station balnéaire par excellence, avec tous ses surfshops, ses bars et ses restos qui ne donnent envie que de manger et boire du matin au soir. Notre technique pour ne pas craquer: sortir avec le minimum d'argent possible sur nous, puisque de toute façon, notre hôtel est tellement loin qu'on aura la flemme de remonter!
Après une journée à ne pas faire grand chose, il faut l'avouer, nous décidons de faire un peu de sport. On rêve de faire du surf, mais on est novices, et les cours sont vraiment trop chers pour nous. On se rabat donc sur un bon vieux bodyboard, ça fait bien 10 ans qu'on n'en a pas fait, mais au moins on est sûres de maîtriser! Nous passons la matinée dans les petites vagues de surfeurs débutants de Playa Tamarindo, après le déjeuner, on décide de passer aux choses sérieuses avec des vagues un peu plus puissantes. Pour ce faire, on veut aller à Playa Grande, qui se trouve juste dans le prolongement de Playa Tamarindo. Cependant, les deux plages sont séparées par un petit estuaire. Des petites barques relient les deux pour la modique somme de 1$, vraiment pas cher nous direz-vous, cependant pour faire 20m, ça nous fait un peu mal, et puis y'a pas de petites économies, on est des routardes ou pas? On se met donc en maillot de bain, le sac au dessus de la tête, et on commence à traverser! Coup de bol, c'est marée basse, on a donc pied partout, et il n'y a pas trop de courant, on s'en sort comme des chefs. Les gens qui descendent de la barque sont dégoutés et nous on est pas peu fières de notre performance!
On ne nous a pas menti, les vagues sont beaucoup plus puissantes, et la plage est déserte. On s'éclate comme des bêtes avec le body, on prend des vidéos dans l'eau avec la GoPro. Bref, on est au top de nos vies... mais ça, c'était avant Le Drame...! Une GoPro sur la tête, une vague particulièrement puissante, plus de GoPro... On a beau chercher, impossible de la trouver, les vagues sont trop fortes. On voulait de la vague qui déboîte, on en a fait les frais... Bizarrement, ça nous a coupé toute envie de plage, de surf ou de quoi que ce soit. On rentre à la maison.
Pour le retour, on retraverse l'estuaire. La mer est montée, il y a beaucoup plus de courant, du coup on se bricole un radeau pour le sac avec le bodyboard et on nage!
Bien évidemment, vous vous en doutez, toutes les photos de la journée ont disparu au fond du Pacifique avec l'appareil... Celui qui le retrouvera sera sûrement bien content d'hériter de nos photos de gogoles! Bref, cet après-midi, maintenant connu sous le nom de "l'épisode de la GoPro" nous fait maintenant sourire, mais sur le coup on ne faisait pas trop les malignes... On se doutait bien qu'en 10 mois de voyage, on perdrait des choses sur nos 4 sacs, et ce n'est sûrement que la première perte d'une longue liste, mais perdre bêtement un de nos biens les plus coûteux, et qu'on rajoute par la dessus que c'était un cadeau, ça fait mal! Une soirée de deuil a été instaurée pour se remettre, puis on est reparties de plus belle!
On se dit qu'on a beau se sentir bien à Tamarindo, il est peut-être temps de changer de destination. A la base, nous souhaitions nous rendre dans le sud de la Péninsule de Nicoya, mais ça a l'air tellement compliqué à faire en une seule fois qu'on baisse les bras. Nous décidons donc de nous rendre près de Nosara, qui est juste en dessous (allez, 50km à vol d'oiseau!), où les plages sont plus sauvages. Pour ce faire, il nous faut tout de même prendre 3 bus, et tout le monde nous le dit, le plus tôt sera le mieux... On prend donc le premier bus de la journée, qui part à...5h50... En se levant à 5h15, on se demande vraiment pourquoi on s'inflige ça, et la photo parle d'elle même...
Vers 7h15, nous arrivons à Santa Cruz, et devons changer de terminal pour prendre le prochain bus. Nous attendons ensuite 1h un bus sensé passer toutes les 20min... Logique! Il fait déjà une chaleur étouffante, et se trimballer 13kgs sur le dos n'arrange rien! Nous arrivons ensuite à Nicoya, où nous devons encore changer de station sous un soleil de plomb. Quelques 20min plus tard, le bus pour Nosara part. Il s'agit d'un vieux bus américain qui fait un vacarme assourdissant. Les sièges sont en cuir, ce qui est très adapté quand il fait 35 degrés, ma foi. Au bout d'un moment, la route se transforme en chemin de terre, et à fond avec les fenêtres grandes ouvertes, ça nous fait un bien joli masque d'argile pas cher! Vers 12h30, le bus nous laisse à une intersection depuis laquelle nous devons marcher 15min pour rejoindre notre destination finale: Playa Pelada. Il nous aura donc fallu la coquette somme de 7h de trajet messieurs dames pour parcourir 80km grand maximum.
Arrivées à notre hôtel, surprise, le village ne compte en fait que 3 hôtels, 3 restos, 1 supérette et 1 bar de plage! On voulait du sauvage, on est servies! Notre hôtel se trouve sur une colline et a une vue imprenable sur les environs. Cependant le thermomètre affiche 38 degrés et on a quand-même un petit coup de barre donc on va se reposer un peu en attendant qu'il fasse moins chaud!
En fin d'après-midi, nous sortons admirer le coucher de soleil à Playa Pelada et nous nous baignons jusqu'à ce que l'on ne voit plus rien! On finit cette longue journée par boire un délicieux cocktail au bar du coin!
Le lendemain, on décide d'aller passer la journée à une plage qui se trouve à quelques kilomètres de là et qui est réputée comme étant un bon spot pour les surfeurs, Playa Guiones. Il fait encore une fois très chaud, mais on veut faire quelquechose de notre journée, alors on y va quand-même! On commence par un bon déjeuner au resto (c'est jour de fête) avant de louer un bodyboard pour l'après-midi. Les vagues sont encore plus puissantes que ce qu'on a connu jusqu'ici, et le courant les rend difficiles à prendre, mais nous passons tout de même l'après-midi dans l'eau. Nous regardons encore une fois un beau de coucher de soleil avant de ramener le body à ses propriétaires.
Oui mais voilà, il fait noir et on n'avait pas du tout anticipé la chose! On est arrivées par des petits chemins en pleine nature dans lesquels on n'arrivera pas à se retrouver dans le noir. Et puis on a pas de lampe de poche. Et puis Marie n'a pas ses lunettes de vue. Le combo gagnant. Nous décidons donc de suivre la grande route, qui nous rallonge mais au moins on est sûres qu'elle nous amènera à bon port! Nous suivons donc la route sur environ 3km, ce qui n'est pas chose facile à cause de toutes les voitures et motos qui passent. Au bout d'un moment, nous arrivons à un croisement, et on se dit qu'il est peut-être temps de tourner. Oui, sauf qu'on ne voit absolument rien! L'élément salvateur ne sera autre que l'appareil photo. Une petite photo avec flash des panneaux et bam, on sait la route à prendre. Enfin quand il y a des panneaux, car parfois on le fait au feeling... On se demande jusqu'au dernier moment si on suit le bon chemin, et on est bien soulagées quand on tombe enfin sur notre hôtel...
On était pas sensées venir vers Nosara au début, mais au final on est très contentes de notre étape, qui nous a vraiment changé des stations balnéaires traditionnelles!