Notre road trip en Amérique du Sud. "Rester, c'est exister, mais voyager, c'est vivre." G. Nadaud
24 Mayo 2013
Après notre journée éprouvante au Machu Picchu, nous nous accordons une journée de repos bien méritée à Cuzco. Ce n'est que le lendemain matin que nous reprenons la route. Comme à notre habitude, nous négocions des billets de bus à un prix défiant toute concurrence pour nous rendre dans le sud du pays, au bord du Lac Titicaca, dans la ville de Puno. Le trajet nous paraît un peu long, nous arrivons au bout de 8h au lieu des 6h annoncées.
Nous ne vous parlerons pas vraiment de la ville de Puno, pour la simple et bonne raison qu'elle n'en vaut pas la peine. C'est une grande ville, sale et froide, sans intérêt. Ce qui la sauve, c'est sa situation sur le Lac et la proximité avec la Bolivie.
À peine arrivés, à peine repartis. Le lendemain matin, nous nous rendons au port aux alentours de 7h30 afin de partir pour deux jours sur les îles du Lac Titicaca. Nous décidons de ne pas passer par une agence pour cette excursion, car il est très facile de la faire par soi-même, et puis aussi parce qu'on préfère donner notre argent directement aux autochtones plutôt qu'à une agence.
Commençons par un peu de culture générale. Le Lac Titicaca est le plus haut lac navigable au monde (3 800 mètres d'altitude quand-même!) et le plus grand lac d'Amérique du Sud partagé par le Pérou et la Bolivie. Il tient son nom du rocher "Titi Khar'Ka", qui signifie en Aymara "Roc du Puma". Vu du ciel, il paraît que la forme du lac ressemble à un puma, on n'est pas allés vérifier...
Nous n'achetons donc que l'aller-retour, et à 8h30, nous partons dans notre petit bateau. Nous ne sommes que 8 personnes, que des français.
Notre premier arrêt se fait sur une des Îles Uros. Il s'agit d'îles flottantes créées de toutes pièces par l'homme. Celle que nous visitons est minuscule, mais pourtant une quarantaine de personnes y vivent. Le "président" de l'île nous expliquent comment celle-ci est construite. Il s'agit en fait de blocs de paille agglomérés sur lesquels sont posés des roseaux, appelés totora. Tous les 8 à 10 mois, les roseaux doivent être changés. Nous pouvons également visiter leurs huttes, dans lesquelles toute la famille dort ensemble. Les habitants des Îles Uros chassent et pêchent, et pratiquent le troc pour survenir au reste de leurs besoins. Bien sûr, ils vivent également des recettes de l'artisanat qu'ils vendent aux touristes. Ils possèdent de petites barques traditionnelles dans lesquelles les touristes peuvent aller faire un tour. Vous vous en doutez, on s'est abstenus.
Nous remontons ensuite dans le bateau afin de nous rendre sur l'île sur laquelle nous passerons la nuit: Isla Amantani.
On a de la chance, aujourd'hui est le jour d'une fête qui n'a lieu qu'une fois dans l'année. Bon, on va pas vous mentir, on n'a pas trop compris le pourquoi de cette fête (oui, bon, pour notre défense, l'accent Aymara est difficile à comprendre!). En gros, cette fête sert à remercier quelqu'un pour l'argent que l'on possède. Vous êtes pas bien avancés, nous non plus. Tout ce qu'on sait, c'est que c'était surtout une raison pour se réunir avec toute la famille, et faire une grosse beuverie. En effet, il y a de la pomme de terre à foison, et la bière coule à flot!
Nous remontons ensuite dans le bateau pour nous rendre de l'autre côté de l'île. Nous rencontrons Jacinto, chez qui nous passerons la nuit avec deux autres français. Sur l'Isla Amantani, il y a un roulement pour que toutes les familles puissent accueillir des touristes.
Après quelques minutes de marche, nous nous installons chez Jacinto et sa famille et passons à table.
Après le déjeuner, nous décidons d'aller nous balader sur l'île. Le fils de Jacinto, Clever, 9 ans, est notre petit guide pour l'après-midi.
Nous montons d'abord sur la montagne de Pachamama, sur laquelle se trouvent des ruines incas. Pachamama signifie "Terre Mère". Nous sommes à près de 4000m d'altitude, l'air manque un peu et il fait froid, mais à l'arrivée nous sommes récompensés par la vue.
Nous montons ensuite sur la montagne d'en face: Pachatata (oui, "Terre Père") qui nous offre une vue sur l'autre côté de l'île.
Le soir, nous ne faisons pas long feu et nous endormons comme des pierres dans le froid et dans des lits de loin les plus inconfortables de notre voyage...
Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner, nous nous rendons au port pour prendre le bateau. Avant de retourner à Puno, nous faisons un arrêt de 2h sur l'île de Taquile. Nous trouvons l'Isla Taquile jolie également, mais les deux îles se ressemblent beaucoup.